De plus en plus de professionnels utilisent les analyseurs de composition corporelle comme outils de diagnostic et de surveillance des personnes en surcharge pondérale : sont ils autre chose que des gadgets high tech?
L’outil de base est la balance ou pèse-personne, de type mécanique ou électronique; mais si la simple mesure du poids corporel est utile, elle ne tient pas compte de la taille : le poids idéal d’une personne dépend de sa taille.
On a donc pris en compte la taille dans différentes formules dont la plus reconnue au niveau international est l’indice de masse corporelle (IMC);
Valeurs de l’indice de masse corporelle [5]:
< 18,5 : maigreur
18,5 à 24,9 : normalité
25 à 29,9 : surcharge pondérale
>= 30 : obésité
L’avantage de l’IMC est sa facilité d’obtention avec une toise et une balance, mais il ne tient pas compte du sexe de la personne;
La valeur de 24,9 comme seuil d’un IMC normal apparaît comme très généreuse et assez éloignée de l’optimum qui se situe entre 21 et 23 kg/m2. Pour les non-fumeurs, un IMC autour de 20 kg/m2 donnerait selon James et al. (2001) une espérance de vie optimale. [19]

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Les analyseurs de composition corporelle permettent d’aller au delà avec la technique de l‘analyse d’impédance bioélectrique [7]
Un signal électrique faible et inoffensif est envoyé dans le corps par les électrodes métalliques situés sur le plateau de pesée. Le tissu musculaire a une forte teneur en eau et constitue ainsi un bon conducteur pour le signal électrique. La graisse contient peu d’eau et représente donc une résistance pour le signal.
Cette résistance ou “impédance” est analysée en fonction du sexe, de la taille et de l’âge pour calculer la composition corporelle personnalisée, en particulier la masse grasse, la masse maigre, le métabolisme basal, la masse hydrique, tous éléments beaucoup plus pertinents que le simple IMC.
L’estimation de l’adiposité (masse grasse), composante de la surcharge pondérale qui est nocive au plan de la santé, est un progrès significatif par rapport au calcul de l’IMC [17]
Le métabolisme basal (MB) est directement proportionnel à la masse maigre et peut être calculé à partir de celle-ci [2][11][3] [16]; il quantifie les besoins énergétiques d’un individu (au repos) et cela est important à connaitre pour maintenir son poids et sa bonne santé. [8]
La perte de poids entraîne généralement une perte de masse adipeuse, mais également de masse maigre. L’approche optimale maximiserait la perte de tissu adipeux et minimiserait la perte de masse maigre [18]; il est donc fondamental de surveiller, non seulement la perte de poids, mais aussi l’évolution de la masse grasse et de la masse maigre.
La mesure du tour de taille et de l’indice de masse corporelle sont les meilleurs moyens d’identifier une obésité, d’établir les risques qui lui sont liés et de surveiller les effets du traitement [14]
Plus récemment on s’est intéressé à l’obésité tronculaire (obésité androïde) et à la graisse viscérale.
- L’obésité tronculaire est corrélée avec le risque d’hypertension artérielle, de maladie coronarienne, de diabète de type 2 et de mortalité [14]
- L’obésité abdominale est associée avec une augmentation de la graisse viscérale [14]
- Le tour de taille est plus significatif du taux de graisse viscérale que le rapport tour de taille / tour de hanches et que l’indice de masse corporelle (IMC) [14]
- Le tour de taille est prédictif de la masse grasse totale et de la masse grasse viscérale [14]
- Le taux de graisse viscérale est un facteur prédictif de morbidité et de mortalité [5]
- La distribution anatomique du tissu graisseux est un déterminant important du risque de maladies métaboliques et cardiovasculaires [4]
- L’IMC ne permet pas de différencier le poids de la graisse de celui des os et des muscles et les seuils proposés par l’OMS sont censés s’appliquer identiquement aux femmes et aux hommes, aux jeunes et aux personnes âgées, aux Français, aux Chinois et aux Soudanais. [19]
Une mesure reproductible du tour de taille et de la graisse viscérale sont donc des éléments fondamentaux du diagnostic et de la surveillance d’une surcharge pondérale.

Sources scientifiques
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- Cunningham, J. J. (1991). Body composition as a determinant of energy expenditure: A synthetic review and a proposed general prediction equation. The American Journal of Clinical Nutrition, 54(6), 963–969.
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- Gallagher, D. (2006). Weight loss in older women: Influences on body composition. The American Journal of Clinical Nutrition, 84(5), 957–958.
- Gallagher, D., Heymsfield, S. B., Heo, M., Jebb, S. A., Murgatroyd, P. R., & Sakamoto, Y. (2000). Healthy percentage body fat ranges: An approach for developing guidelines based on body mass index. The American Journal of Clinical Nutrition, 72(3), 694–701.
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- Heymsfield, S. B., Wang, Z., Visser, M., Gallagher, D., & Pierson, R. N. (1996). Techniques used in the measurement of body composition: An overview with emphasis on bioelectrical impedance analysis. The American Journal of Clinical Nutrition, 64(3 Suppl), 478S–484S.
- Heymsfield, S. B., Darby, P. C., Muhlheim, L. S., Gallagher, D., Wolper, C., & Allison, D. B. (1995). The calorie: Myth, measurement, and reality. The American Journal of Clinical Nutrition, 62(5 Suppl), 1034S–1041S.
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- Wang, Z., Heshka, S., Gallagher, D., Boozer, C. N., Kotler, D. P., & Heymsfield, S. B. (2000). Resting energy expenditure-fat-free mass relationship: New insights provided by body composition modeling. American Journal of Physiology. Endocrinology and Metabolism, 279(3), E539–545.
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- Bénéfices, risques et encadrement associés à l’utilisation des produits, services et moyens amaigrissants (psma). 2008. (Dept. Développement des individus et des communautés.). (763). Institut National de Santé Publique du Québec. 1–90.
- de Saint Pol, T. (2007). Comment mesurer la corpulence et le poids “idéal” ? Histoires, intérêts et limites de l’indice de masse corporelle Paris: Observatoire sociologique du changement – Sciences-po.
Mots-clefs : Amincissement, IMC, nutrition, obésité, poids idéal, régime, surcharge pondérale