La toxine botulique est une protéine purifiée produite par la bactérie Clostridium Botulinum. Cette bactérie est largement répandue dans la nature et est tout à fait inoffensive. Ce n’est que privée d’oxygène qu’elle produit 8 toxines différentes dont la plus puissante est la toxine de type A.
Une fois injectée en intramusculaire, cette molécule va pénétrer dans les terminaisons nerveuses ou synapses et bloquer la libération d’acétylcholine. Ceci entraîne une disparition de la transmission de l’influx nerveux et donc une diminution de la fonction musculaire.[21]
La toxine botulique de type A est commercialisée par plusieurs firmes pharmaceutiques mais seules les spécialités Vistabel et Azzalure sont autorisées en France en esthétique. On utilise souvent dans les médias et dans le langage courant le nom de Botox pour qualifier la toxine botulique à usage esthétique, ce qui est le même abus de langage que d’employer Frigidaire (qui est un nom de marque) au lieu de réfrigérateur.
Légalement, la toxine botulique est indiquée « dans la correction temporaire des rides verticales inter sourcilières modérées à sévères observées lors du froncement des sourcils, chez l’adulte de moins de 65 ans, lorsque la sévérité de ces rides entraîne un retentissement psychologique important chez le patient » (AFSSAPS).
La prescription et utilisation de toxine botulique est réservée aux spécialistes en
- chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique,
- dermatologie,
- chirurgie de la face et du cou,
- chirurgie maxillo-faciale
- ophtalmologie.
Action – résultats
La toxine botulique agit en paralysant le muscle dans lequel elle est injectée, entrainant un relâchement du froncement excessif et des plissements qu’il entraine. Pour obtenir un résultat harmonieux il importe d’utiliser un dosage judicieux et d’injecter au bon endroit.
Il convient donc de choisir un praticien particulièrement entrainé et habitué à l’usage du produit.
La durée d’action est de 3 à 6 mois, en moyenne 4 mois.
La popularité du Botox (toxine botulique A) en dermatologie esthétique a augmenté à cause de son efficacité et de sa relative innocuité.[18]
« L’efficacité et la tolérance du Botox ont été bien démontrées par une étude multicentrique, en double-aveugle, randomisée, Botox/Placebo de l’efficacité et l’innocuité de la toxine botulique A dans le traitement des rides glabellaires chez 264 patients. On a constaté une réduction significativement importante de la sévérité des rides glabellaires avec le Botox. L’effet du traitement fut maintenu pendant toute la durée de l’étude (120 jours). »
Effets secondaires[1]
“Les données de tolérance sont issues des trois études cliniques.
Les effets indésirables, essentiellement loco-régionaux, peuvent être associés à la toxine botulinique et à la technique d’injection. La céphalée est l’effet indésirable le plus fréquent (10,2%), mais elle semble liée à l’injection et non à la toxine botulinique.
Un ptosis d’intensité légère à modérée a été rapporté chez 4,6% des patients ; il persistait en moyenne 4 semaines (de 2 à 60 jours). Son incidence a diminué avec la répétition des injections pour un même patient, mais aussi avec l’expérience du praticien.”
On peut observer parfois des hématomes; les autres effets secondaires sont beaucoup plus rares.
Sources scientifiques
- Vistabel: Rapport public d’évaluation. 2004. Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé. 1—3.
- Amri, M. (2008). Le nez en médecine morpho-esthétique. Bulletin de l’Association Française de Médecine Esthétique, 13—18.
- Berros, P. (2009). Lutte contre le vieillissement péri-oculaire: Techniques médicales. Paper presented at 30e Congrès National de Médecine Esthétique et de Chirurgie Dermatologique, Paris.
- Carruthers, A., & Carruthers, J. (2005). Prospective, double-blind, randomized, parallel-group, dose-ranging study of botulinum toxin type a in men with glabellar rhytids. Dermatologic Surgery, 31(10), 1297—1303.
- De Maio, M. (2007). La technique d?injection de la toxine botulinique: Les points et les dilutions. Paper presented at 28e Congrès National de Médecine Esthétique et Chirurgie Dermatologique, Paris.
- Delonca, D. (2009). “medical express minilift” sans chirurgie par injections. Paper presented at 5th European Masters in Aesthetic and Anti-Aging Medicine, Paris.
- Deutsch, J. J., Ney, R., Oliveres-Ghouti, C., Benadiba, L., & Gauthier, N. (2009). Gestion des effets secondaires de la toxine botulique. Paper presented at 30e Congrès National de Médecine Esthétique et de Chirurgie Dermatologique, Paris.
- Gadreau, C. (2007). Les petits trucs et les astuces dans l?utilisation de la toxine botulinique. Paper presented at 28e Congrès National de Médecine Esthétique et Chirurgie Dermatologique, Paris.
- Gaudy, J. F. (2007). L’anatomie du visage: Ce qu’il faut connaître avant d’injecter de la toxine botulinique. Paper presented at 28e Congrès National de Médecine Esthétique et Chirurgie Dermatologique, Paris.
- Gauthier, N. (2007). Nouvelle approche de la toxine botulinique: L?éclairage du visage. Paper presented at 28e Congrès National de Médecine Esthétique et Chirurgie Dermatologique, Paris.
- Micheels, P. (2007). Les petits trucs et les astuces en esthétique des lèvres. Paper presented at 28e Congrès National de Médecine Esthétique et Chirurgie Dermatologique, Paris.
- Micheels, P. (2007). Toxine botulinique: Le bas du visage. Paper presented at 28e Congrès National de Médecine Esthétique et Chirurgie Dermatologique, Paris.
- Micheels, P. (2008). Du bon usage de la toxine botulique dans le bas du visage. Bulletin de l’Association Française de Médecine Esthétique, 16—17.
- Micheels, P. (2009). Mise à jour sur les traitements esthétiques pour le rajeunissement du visage: La toxine botulique. Paper presented at 30e Congrès National de Médecine Esthétique et de Chirurgie Dermatologique, Paris.
- Niforos, F. (2009). La toxine botulinique et les injections (produits de comblement ou graisse): Sont-elles réellement appropriées pour relever les sourcils. Paper presented at 5th European Masters in Aesthetic and Anti-Aging Medicine, Paris.
- Polla, L. L. (2007). Comment choisir sa toxine botulinique type a. Paper presented at 28e Congrès National de Médecine Esthétique et Chirurgie Dermatologique, Paris.
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- Said, S. Z., Meshkinpour, A., Carruthers, A., & Carruthers, J. (2003). Botulinum toxin a: Its expanding role in dermatology and esthetics. American Journal of Clinical Dermatology, 4(9), 609—616.
- Tirado, Y. (January 11, 2007). Botulinum toxin applications in the head and neck. Retrieved November 7, 2009, from http://www.bcm.edu/oto/grand/01_11_07.htm.
- Turmel, F. (2007). Comment traiter les rides péri buccales sans abrasion. Paper presented at 28e Congrès National de Médecine Esthétique et Chirurgie Dermatologique, Paris.
- Vanheuverzwyn, A., & Tennstedt, D. (2003). La toxine botulique type a: Indications esthétiques. Dermatologie Actualités(77), 12—14.
- Zbili, M. (2007). La zone péri-orbitaire. Bulletin de l’Association Française de Médecine Esthétique, 10—13.
- Vistabel. Dictionnaire Vidal 2010.
- Azzalure. Dictionnaire Vidal 2010.
Mots-clefs : Anti-âge, Botox, rides, toxine botulique, Vistabel