Evaluation clinique des cicatrices pathologiques

L. Téot

ETRS SCAR MEETING ABSTRACTS 1-3 April 2001

Les cicatrices pathologiques peuvent être cliniquement divisées en plusieurs stades, les cicatrices immatures et congestives, hypertrophiques, chéloides mineures, et chéloides majeures. L’évaluation clinique de ces stades repose sur des signes visuels et palpatoires. Les décisions thérapeutiques dé-coulant de cette analyse suivent des guides cliniques définis. C’est dire l’importance de la précision des définitions de ces stades.

La congestion est liée à l’accumulation sanguine dans la cicatrice qui apparaît en général dans les 4 à 6 semaines qui suivent la cicatrisation ; L’élargissement de la ligne cicatricielle commence à être visible ; La couleur est rouge carmin, fonçant parfois sur certaines régions du corps et prenant un aspect lie de vin, surtout après brûlure. Cette congestion n’est pas à proprement parler liée à une inflammation locale.

L’hypertrophie est l’épaississement cicatriciel. Phénomène imprévisible et mal quantifiable, l’épaississement apparait plus ou moins rapidement après une agression cutanée ; Aggravée par les sollicitations mécaniques répétées (zones de tension, lésions de grattage) l’hypertrophie présente deux phases :

* la phase active, accompagnée d’une congestion, peut durer plusieurs années,
* la phase quiescente est caractérisée par un épaississement résiduel, sans signes de congestion. L’hypertrophie peut être uniforme ou n’intéresser, en particulier sur les cicatrices linéaires, qu’une zone limitée, réalisant parfois un chapelet de nodules durs avec des intervalles de cicatrices normales.

L’atrophie est une fracture du derme avec un épiderme en continuité, qui survient essentiellement chez la femme sur des zones de tension. On note une dépression au centre de la cicatrice. Très inesthétique, cette cicatrice est souvent rencontrée sur la région dorsale après ablation de naivi chez la jeune fille.

Les troubles de la coloration cicatricielle se rencontrent après brûlures, achromie ou hyperchromie. Ces cicatrices sont très inesthétiques, souvent bordées par un halo en carte de géographie, et difficiles à prévenir et à traiter.

Les chéloides, souvent confondues avec les hypertrophies, débordent largement les berges cicatricielles et les recouv-rent.Véritable processus pseudo-tumoral, ces cicatrices évoluent sur de longues périodes de poussées, pouvant at-teindre en quelques mois des dimensions impressionnantes. Dans les formes majeures, le sujet, souvent de couleur de peau foncée, fera des chéloides quelque soit la localisation de la cicatrice. Quelques chéloides d’apparition spontanée ou après vergetures ont été décrites.

L’évaluation clinique reste l’examen prioritaire de ces cicatrices et doit être parfaitement connu des praticiens.

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